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Procédure simplifiée de recouvrement des petites créances : mode d’emploi pour les professionnels

Procédure simplifiée de recouvrement des petites créances

Une créance impayée peut fragiliser votre trésorerie et mobiliser du temps à chaque relance. Lorsque son montant ne dépasse pas 5 000 euros, la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances permet, sous certaines conditions, de rechercher un accord avec le débiteur sans saisir immédiatement un tribunal. 

Cette démarche est confiée à un commissaire de justice. Elle concerne les créances fondées sur un contrat ou une obligation statutaire, mais exclut celles ayant fait l’objet d’une facturation entre commerçants. Découvrez ses conditions d’application, ses différentes étapes et les solutions possibles en cas d’accord ou d’échec. 

Résumé de l’article

  • La créance doit être certaine, liquide, exigible, fondée sur un contrat ou une obligation statutaire et ne pas dépasser 5 000 euros, principal et intérêts compris. 
  • Le commissaire de justice invite le débiteur à participer à la procédure et recherche un accord sur le montant et les modalités de paiement. 
  • En cas d’accord, un titre exécutoire peut être délivré. En cas de refus ou d’échec, le créancier peut envisager une autre voie de recouvrement. 

Sommaire :

Qu’est-ce que la procédure simplifiée de recouvrement des petites créances ? 

La procédure simplifiée de recouvrement des petites créances permet à un créancier de demander à un commissaire de justice de rechercher un accord avec son débiteur, sans saisir immédiatement un tribunal. 

Le commissaire de justice invite le débiteur à participer à la procédure, puis accompagne les échanges sur le montant de la dette et les modalités de règlement. Si les deux parties trouvent un accord, il peut délivrer un titre exécutoire. 

Ce titre permet au créancier d’engager des mesures d’exécution forcée si le débiteur ne respecte pas ses engagements. La procédure ne garantit toutefois pas le paiement : le débiteur peut refuser de participer, ne pas répondre ou ne pas parvenir à un accord avec le créancier. 

Les créances éligibles à la procédure 

Pour bénéficier de cette procédure, la créance doit être : 

  • certaine, c’est-à-dire que son existence peut être démontrée ; 
  • liquide, car son montant est déterminé ou peut être calculé ; 
  • exigible, car la date prévue pour le paiement est dépassée ; 
  • fondée sur un contrat ou une obligation statutaire ; 
  • inférieure ou égale à 5 000 euros, principal et intérêts compris. 

La procédure ne s’applique pas aux créances ayant fait l’objet d’une facturation entre commerçants. Avant d’engager la démarche, il est donc important de vérifier la nature de la dette, la qualité des parties et l’origine de la créance. 

En cas de doute sur l’éligibilité du dossier, un commissaire de justice ou un professionnel du droit pourra vous orienter vers la procédure de recouvrement la plus adaptée. 

Les étapes de la procédure simplifiée de recouvrement

1. Préparer le dossier

La première étape consiste à rassembler les informations relatives au créancier, au débiteur et à la dette. Le dossier doit préciser l’origine de la créance, sa date d’échéance, le montant du principal, les intérêts éventuels et les démarches amiables déjà réalisées. 

Vous pouvez également déterminer les conditions de règlement que vous seriez prêt à accepter. Il peut s’agir d’un paiement immédiat, d’un échéancier ou d’une autre solution adaptée à la situation. 

2. Contacter un commissaire de justice

La procédure doit être confiée à un commissaire de justice compétent dans le ressort de la cour d’appel dont dépend le domicile ou la résidence du débiteur. 

Le commissaire de justice examine les pièces transmises et vérifie que la créance respecte les conditions légales. Il contrôle notamment son origine, son montant et son caractère certain, liquide et exigible. 

Les modalités de dépôt et les frais peuvent varier. Il est donc recommandé de demander une estimation avant de transmettre définitivement le dossier.

3. Inviter le débiteur à participer

Si le dossier est recevable, le commissaire de justice invite le débiteur à participer à la procédure. Cette invitation est envoyée par lettre recommandée électronique ou papier. 

Elle précise notamment l’identité du créancier, le fondement de la demande et le montant réclamé. Le débiteur dispose d’un mois à compter de l’envoi pour accepter de participer. 

Il peut aussi refuser expressément. S’il ne répond pas dans le délai d’un mois, son silence vaut refus implicite et la procédure ne peut pas se poursuivre. 

4. Rechercher un accord

Lorsque le débiteur accepte de participer, le commissaire de justice accompagne les échanges entre les parties. Les discussions portent sur le montant de la dette et sur les modalités de règlement. 

L’accord peut prévoir un paiement immédiat ou un échéancier. Les sommes dues, les dates de règlement et les conditions de paiement doivent être clairement définies afin d’éviter toute difficulté d’interprétation. 

5. Obtenir un titre exécutoire

Si le créancier et le débiteur s’accordent sur le montant et les modalités de paiement, le commissaire de justice délivre un titre exécutoire. 

Si le débiteur ne respecte pas l’accord, ce titre peut permettre au créancier d’engager des mesures d’exécution forcée dans les conditions prévues par la loi, sans devoir obtenir au préalable un jugement sur la créance.

6. Envisager une autre solution en cas d’échec

La procédure prend fin si le débiteur refuse de participer, ne répond pas dans le délai d’un mois ou si les parties ne trouvent pas d’accord. 

Le créancier conserve alors la possibilité d’engager une autre démarche de recouvrement. Selon la situation, il pourra notamment envisager une injonction de payer ou une action en justice. 

Le rôle de l’Envoi Recommandé Électronique AR24 dans les démarches préparatoires 

L’invitation officielle à participer à la procédure simplifiée relève exclusivement du commissaire de justice. Un courrier envoyé directement par le créancier ne peut pas remplacer cette étape. 

En amont, l’Envoi Recommandé Électronique(ERE) AR24, peut être utilisé pour formaliser certains courriers liés à l’impayé, comme une relance, une demande de régularisation, la transmission d’un décompte ou une mise en demeure. 

L’ERE permet d’envoyer ces courriers entièrement en ligne et de conserver les éléments de traçabilité associés à leur envoi et à leur réception. Il facilite ainsi le suivi des démarches réalisées avant la saisine du commissaire de justice. 

Il ne constitue toutefois ni une décision de justice ni un titre exécutoire. Il ne remplace pas non plus les actes qui doivent être accomplis par le commissaire de justice dans le cadre de la procédure. 

Les délais de la procédure 

Le débiteur dispose d’un mois à compter de l’envoi de l’invitation pour accepter la procédure. En l’absence de réponse dans ce délai, il est considéré comme ayant refusé d’y participer. 

S’il accepte, la durée dépend ensuite des échanges et du temps nécessaire pour parvenir à un accord. Il faut également prévoir le délai de préparation du dossier, son examen par le commissaire de justice et les éventuelles demandes de pièces complémentaires. 

Cette démarche peut éviter une saisine immédiate du tribunal. Elle ne garantit toutefois ni l’obtention d’un accord ni un règlement rapide de la créance. 

Le coût de la procédure pour le créancier 

Les frais occasionnés par la procédure sont à la charge exclusive du créancier. Ils peuvent notamment comprendre l’ouverture du dossier et, lorsqu’un accord est trouvé, la délivrance du titre exécutoire. 

Avant de vous engager, demandez au commissaire de justice le détail des frais applicables. Vérifiez également les sommes qui resteraient dues en cas de refus du débiteur et les éventuels frais supplémentaires si des mesures d’exécution forcée deviennent nécessaires. 

Cette estimation vous permettra de comparer le coût prévisible de la démarche avec le montant de la créance et les chances de recouvrement. 

Procédure simplifiée et injonction de payer : deux démarches distinctes 

La procédure simplifiée et l’injonction de payer permettent toutes deux d’engager le recouvrement d’une créance, mais elles ne reposent pas sur la même logique. La première privilégie la recherche d’un accord, tandis que la seconde consiste à saisir le juge. 

Point de comparaison  Procédure simplifiée  Injonction de payer 
Intervenant au démarrage  Commissaire de justice  Juge 
Objectif  Rechercher un accord avec le débiteur  Obtenir une ordonnance de paiement 
Participation du débiteur  Nécessaire pour conclure un accord  Non nécessaire pour déposer la demande 
Issue favorable  Délivrance d’un titre exécutoire après accord  Ordonnance portant injonction de payer 
En cas d’échec ou de contestation  Le créancier peut envisager une autre voie de recouvrement  Le débiteur peut contester l’ordonnance selon les règles applicables 

La procédure simplifiée peut être adaptée lorsque le dialogue reste possible et qu’une solution négociée semble envisageable. L’injonction de payer peut être étudiée lorsque les démarches amiables n’ont pas abouti ou lorsque le débiteur refuse de participer. 

Le choix dépend notamment de la nature de la créance, des justificatifs disponibles, de la position du débiteur et du coût prévisible de chaque démarche. 

 

Procédure simplifiée de recouvrement des petites créances : ce qu’il faut retenir

  • La créance doit être certaine, liquide, exigible et fondée sur un contrat ou une obligation statutaire. 
  • Le montant total, principal et intérêts compris, ne peut pas dépasser 5 000 euros. 
  • La procédure simplifiée ne concerne pas les créances facturées entre commerçants. 
  • Le débiteur dispose d’un mois pour répondre à l’invitation du commissaire de justice ; son silence vaut refus. 
  • Seul un accord sur le montant et les modalités de paiement permet au commissaire de délivrer un titre exécutoire. 
  • Les frais sont à la charge du créancier, qui doit en demander le détail avant de s’engager. 

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FAQ

Quel est le montant maximal pour engager cette procédure ?

Le montant total de la créance ne doit pas dépasser 5 000 euros, principal et intérêts compris. La dette doit aussi être certaine, liquide et exigible, et résulter d’un contrat ou d’une obligation statutaire.

Le débiteur peut-il refuser de participer ?

Oui, la participation du débiteur est volontaire. Il peut refuser expressément ou ne pas répondre à l’invitation dans le délai d’un mois, son silence étant alors considéré comme un refus implicite.

Que se passe-t-il si le débiteur ne respecte pas l’accord ?

Lorsque les parties trouvent un accord, le commissaire de justice peut délivrer un titre exécutoire. Si le débiteur ne respecte pas les modalités de paiement prévues, ce titre peut permettre d’engager des mesures d’exécution forcée.