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Dispositif au droit au logement opposable (DALO) : définition, rôles et délais

Dispositif DALO

Le droit au logement opposable (DALO) permet aux personnes qui remplissent les conditions prévues par la loi de faire valoir leur droit à un logement décent lorsque leur demande de logement social n’a pas abouti au terme du délai anormalement long fixé par arrêté préfectoral dans leur département, généralement compris entre un et dix ans selon les territoires. Cette procédure mobilise plusieurs acteurs du secteur public, notamment les commissions de médiation, les préfectures et les bailleurs sociaux, qui doivent respecter des délais stricts : trois mois pour que la commission de médiation statue sur le recours, puis trois mois pour que le préfet formule une proposition de logement, délais portés à six mois dans certains départements par dérogation. Chaque étape reposant sur une notification, ces acteurs doivent également assurer la traçabilité de leurs échanges avec les demandeurs.

Dans ce contexte, la notification des décisions, des demandes de pièces complémentaires ou des propositions de relogement revêt une importance particulière. La Lettre Recommandée Électronique (LRE) d’AR24 constitue alors une solution fiable pour sécuriser ces communications tout en garantissant leur valeur juridique.

Découvrez le fonctionnement du dispositif DALO, les obligations des acteurs concernés et les situations dans lesquelles la LRE peut être utilisée.

Résumé de l’article

  • Le droit au logement opposable (DALO) permet à certaines personnes de faire reconnaître leur droit à un logement lorsqu’elles ne parviennent pas à accéder au parc social.
  • Le respect des délais, la notification des décisions et la traçabilité des échanges sont des enjeux essentiels pour garantir la sécurité juridique de la procédure.

Sommaire :

 

Définition et cadre légal du droit au logement opposable (DALO)

Qu’est-ce que le droit au logement opposable ?

Instauré par la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007, le droit au logement opposable (DALO) est un dispositif qui permet aux personnes remplissant les critères fixés par la loi de saisir une commission de médiation lorsque leurs démarches pour accéder à un logement social sont restées sans effet. Ces critères combinent trois dimensions : la régularité du séjour et de la résidence en France, l’éligibilité au logement social, et une situation de mal-logement caractérisée.

Le DALO ne constitue pas une procédure d’attribution de logement social à part entière. Il s’agit d’un recours administratif permettant aux personnes confrontées à des difficultés persistantes d’accès au logement de saisir une commission de médiation afin que leur situation soit examinée en priorité. Lorsque la demande est reconnue prioritaire et urgente, l’État est tenu de mettre en œuvre les démarches nécessaires au relogement du demandeur.

À ne pas confondre avec le droit à l’hébergement opposable (DAHO), qui concerne les personnes ayant besoin d’un hébergement d’urgence ou temporaire. Si ces deux dispositifs reposent sur une logique similaire, ils répondent à des situations différentes et obéissent à des critères d’éligibilité distincts.

Qui peut bénéficier du dispositif DALO ?

La commission de médiation apprécie l’éligibilité du demandeur au regard de plusieurs situations prévues par le Code de la construction et de l’habitation. Sont notamment concernés les demandeurs qui résident en France de manière stable et régulière, et qui répondent aux conditions d’accès au logement social et ne parviennent pas à obtenir un logement adapté malgré leurs démarches, lorsqu’ils se trouvent dans l’une des situations suivantes :

  • être dépourvu de logement ou hébergé chez un tiers de manière durable ;
  • être menacé d’expulsion sans possibilité de relogement ;
  • être hébergé dans une structure d’hébergement ou un logement de transition depuis une durée anormalement longue ;
  • occuper un logement sur-occupé ;
  • vivre dans un logement impropre à l’habitation, insalubre ou dangereux ;
  • occuper un logement inadapté à une situation de handicap ou à celle d’une personne handicapée vivant au sein du foyer.

Le recours peut également être exercé lorsqu’une demande de logement social est restée sans réponse au-delà du délai considéré comme anormalement long dans le département concerné. Ce délai est fixé par arrêté préfectoral et varie selon les territoires. À titre indicatif, il est souvent compris entre 6 mois et 4 ans, avec une moyenne d’environ 2 à 3 ans selon les départements et la tension du marché locatif.

Quelles sont les principales étapes d’une procédure DALO ?

La procédure débute par le dépôt d’un dossier auprès de la commission de médiation (Comed) du département. Le demandeur doit transmettre le formulaire Cerfa n° 15036*01 de recours devant la commission de médiation (DALO), accompagné des pièces justificatives permettant d’apprécier sa situation personnelle, familiale et de logement.

Une fois le dossier complet, la commission de médiation instruit la demande au regard des critères fixés par le Code de la construction et de l’habitation. Elle apprécie le caractère prioritaire et urgent de la situation et peut, lorsque les éléments transmis sont insuffisants, solliciter des pièces complémentaires auprès du demandeur. Cette phase d’instruction doit, en principe, aboutir à une décision dans un délai de trois mois à compter de la réception d’un dossier complet (six mois dans certains territoires d’outre-mer). Ce délai réglementaire impose aux services un traitement rigoureux et une traçabilité de chaque dossier.

À l’issue de l’instruction, la commission de médiation rend une décision motivée. Celle-ci peut reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande, rejeter le recours ou réorienter le demandeur vers un autre dispositif. Cette décision doit ensuite être notifiée au demandeur, une étape déterminante puisque la date de notification conditionne les délais de recours et l’ouverture, le cas échéant, des mesures de relogement. Sécuriser et dater cette notification constitue donc un enjeu juridique majeur pour l’administration, susceptible d’être contestée sur le respect de la procédure.

Quels sont les rôles des acteurs publics et des bailleurs sociaux dans une procédure DALO ?

La mise en œuvre du droit au logement opposable repose sur l’intervention de plusieurs acteurs publics, chacun exerçant des compétences définies par la loi. De l’examen de la demande jusqu’à la proposition d’un logement adapté, la procédure implique une coordination entre la commission de médiation, le préfet et les bailleurs sociaux. Cette organisation vise à garantir un traitement des demandes conforme aux exigences légales tout en assurant un suivi rigoureux du parcours du demandeur.

Les missions de la commission de médiation

La commission de médiation (Comed) est chargée d’examiner les recours déposés par les demandeurs.

Pour rendre sa décision, la commission peut, lorsque cela est nécessaire, demander des informations ou des pièces complémentaires afin de disposer d’un dossier suffisamment étayé. Elle statue ensuite de manière motivée, au regard de la situation personnelle, familiale et des conditions de logement du demandeur.

Son intervention constitue une étape déterminante de la procédure, puisqu’elle conditionne la mise en œuvre des mesures prévues par le dispositif DALO.

Le rôle du préfet et le respect des délais de relogement

Lorsqu’une demande est reconnue prioritaire et urgente, il appartient au préfet de mettre en œuvre les démarches nécessaires afin de proposer un logement adapté aux besoins et aux capacités du foyer.

Cette mission s’inscrit dans un cadre juridique strict. Le Code de la construction et de l’habitation fixe des délais dans lesquels une proposition de relogement doit être formulée. En principe, le préfet dispose d’un délai de trois à six mois à compter de la décision favorable de la commission de médiation pour faire une proposition de logement, selon le département concerné. En Île-de-France, ce délai est généralement de six mois, tandis qu’il est le plus souvent de trois mois dans les autres départements métropolitains. Leur respect constitue un enjeu majeur pour garantir l’effectivité du droit au logement opposable une proposition de relogement doit être formulée. Leur durée varie selon les territoires concernés, mais leur respect constitue un enjeu majeur pour garantir l’effectivité du droit au logement opposable.

À défaut de proposition dans les délais impartis, le demandeur peut engager un recours devant le tribunal administratif afin de faire reconnaître la carence de l’État.

Les obligations des bailleurs sociaux

Les bailleurs sociaux participent à la mise en œuvre du dispositif DALO en collaborant avec les services de l’État dans la recherche de solutions de relogement. Lorsqu’ils sont sollicités, ils examinent les possibilités d’attribution d’un logement compatible avec la composition du foyer, ses ressources et, le cas échéant, ses besoins spécifiques.

Leur intervention s’inscrit dans le respect des règles applicables à l’attribution des logements sociaux et des priorités définies par la réglementation. Cette coopération avec les services préfectoraux contribue à assurer la bonne exécution des décisions prises dans le cadre du droit au logement opposable.

 

À quel moment utiliser la Lettre Recommandée Électronique (LRE) dans une procédure DALO ?

La procédure DALO repose sur de nombreux échanges entre les services de l’État, les commissions de médiation, les bailleurs sociaux et les demandeurs. Qu’il s’agisse de transmettre une décision, de solliciter des informations complémentaires ou d’informer un demandeur d’une proposition de logement, ces communications doivent être réalisées dans le respect des délais prévus par la réglementation et pouvoir être justifiées en cas de contestation.

Dans ce contexte, la Lettre Recommandée Électronique (LRE) d’AR24 constitue un mode d’envoi permettant de garantir la traçabilité des échanges tout en bénéficiant d’une valeur juridique équivalente à celle d’un courrier recommandé papier, sous réserve du respect des conditions prévues par le règlement eIDAS et le droit français.

Notifier une décision de la commission de médiation

À l’issue de l’instruction d’un recours DALO, la commission de médiation rend une décision motivée qui doit être portée à la connaissance du demandeur. Cette décision peut reconnaître le caractère prioritaire de la demande, rejeter le recours ou, dans certaines situations, orienter le demandeur vers un autre dispositif.

Dans ce cadre, la LRE permet de notifier une décision administrative de manière sécurisée tout en conservant une preuve de son envoi, de sa réception ou de sa première présentation. Cette traçabilité contribue à sécuriser les échanges entre l’administration et le demandeur, notamment lorsque le respect des délais ou la date de notification sont susceptibles d’avoir des conséquences juridiques.

Bon à savoir : lorsque le destinataire est un particulier, l’utilisation d’une Lettre Recommandée Électronique nécessite son consentement préalable, conformément à la réglementation en vigueur.

Demander des pièces justificatives ou convoquer un demandeur

Au cours de l’instruction d’un dossier, la commission de médiation peut être amenée à solliciter des pièces justificatives complémentaires afin de disposer des éléments nécessaires à l’examen de la demande. Dans certains cas, le demandeur peut également être convoqué dans le cadre de la procédure.

La LRE permet de formaliser ces échanges tout en assurant leur traçabilité. Les services concernés disposent ainsi d’un historique des communications, facilitant le suivi du dossier et la justification des démarches engagées. Ce mode de transmission contribue également à limiter les délais d’acheminement, un enjeu important dans le traitement des recours DALO.

Notifier une proposition de logement ou sécuriser un recours

Lorsqu’une solution de relogement est identifiée, le demandeur doit être informé dans les conditions prévues par la réglementation. Cette étape revêt une importance particulière, puisqu’elle marque l’aboutissement de la procédure engagée dans le cadre du droit au logement opposable.

La Lettre Recommandée Électronique permet d’assurer la transmission de cette proposition tout en conservant les éléments de preuve associés à l’envoi. En cas de recours ou de contentieux, les preuves générées lors de l’acheminement peuvent contribuer à démontrer le respect des obligations procédurales et des délais applicables.

Plus largement, la LRE constitue un outil adapté aux acteurs du secteur public et aux bailleurs sociaux souhaitant sécuriser leurs communications tout au long de la procédure DALO, tout en simplifiant la gestion des échanges avec les demandeurs.

 

Le droit au logement opposable constitue une garantie essentielle pour les personnes qui ne parviennent pas à accéder à un logement malgré leurs démarches. Sa mise en œuvre repose toutefois sur une procédure encadrée, mobilisant plusieurs acteurs publics et impliquant le respect de délais stricts ainsi qu’une gestion rigoureuse des échanges avec les demandeurs. Dans ce contexte, la Lettre Recommandée Électronique permet de sécuriser les notifications et d’assurer la traçabilité des communications tout au long de la procédure, tout en répondant aux exigences juridiques applicables.

Dispositif DALO : ce qu’il faut retenir

  • La commission de médiation examine les demandes et statue sur leur caractère prioritaire.
  • Le préfet est chargé de mettre en œuvre le relogement après une décision favorable.
  • Les bailleurs sociaux participent à la recherche de solutions de relogement.
  • Le respect des délais est un enjeu majeur de la procédure DALO.
  • La Lettre Recommandée Électronique permet de sécuriser les notifications, les convocations et les échanges avec les demandeurs.
  • La traçabilité des communications contribue à sécuriser la procédure en cas de recours.

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FAQ

Quel est le délai de traitement d’un recours DALO ?

Après réception d’un dossier complet, la commission de médiation dispose, en principe, d’un délai de trois mois pour rendre sa décision. Ce délai peut être porté à six mois dans certains territoires d’outre-mer. Lorsque le recours est reconnu prioritaire et urgent, le préfet dispose ensuite d’un délai fixé par le Code de la construction et de l’habitation pour proposer un logement adapté au demandeur. Ce délai varie selon les départements et les zones concernées. Le respect de ces échéances est essentiel afin de garantir l’effectivité du droit au logement opposable.

Quels recours le demandeur peut-il exercer en l’absence de proposition de logement après une décision DALO favorable ?

Si aucune proposition de logement n’est formulée dans le délai légal à la suite d’une décision favorable de la commission de médiation, le demandeur peut exercer un recours devant le tribunal administratif. Le juge vérifie alors si l’État a respecté les obligations qui lui incombent dans le cadre du dispositif DALO. En cas de carence, il peut enjoindre à l’administration de procéder au relogement du demandeur et, selon les circonstances, prononcer une astreinte jusqu’à l’exécution de cette obligation.

Quels documents faut-il fournir pour constituer un dossier DALO ?

Pour instruire le recours, la commission de médiation s’appuie sur un dossier qui doit comporter le formulaire Cerfa n° 15036*01 dédié au recours DALO dûment complété, un justificatif d’identité et, le cas échéant, un titre de séjour en cours de validité, les documents relatifs à la demande de logement social (attestation d’enregistrement, courriers de refus ou de renouvellement), les justificatifs de ressources et de composition du foyer, ainsi que tout document permettant d’établir la situation de logement invoquée (avis d’expulsion, attestation d’hébergement, constat d’insalubrité, certificat médical ou justificatif de handicap, selon les cas). La transmission d’un dossier complet dès son dépôt facilite son instruction et limite les demandes de pièces complémentaires susceptibles d’allonger les délais de traitement.